Bambou

Le bambou possède de fascinantes propriétés naturelles et matérielles, et, à plus d’un titre, c’est une plante phénomène. D’une part, les fibres qui le composent sont d’une résistance exceptionnelle, d’autre part, sa structure tubaire autour d’un vide, renforcée par des cloisonnements, fait de lui une poutre légère et fine, un caisson capable de supporter des pressions considérables.

Cette plante est en effet un exemple typique de structure légère. A l’extérieur, elle est constituée d’une laque naturelle. Composée de 4% de silice pure, elle forme une solide barrière contre l’abrasion et l’attaque des insectes. A l’intérieur de longues fibres élastiques courent parallèlement dans le sens du chaume, qui possèdent une résistance de 40 kilogrammes par millimètre carré. En comparaison, les fibres du bois résistent à 5 kilogrammes par millimètre carré, et le fer de construction, à 37 kilogrammes par millimètre carré. Pour des résistances supérieures, il faut se tourner vers la fibre de verre (700 kilogrammes par millimètre carré). Les fibres du bambou, quant à elles, se sont pas interrompues par les cloisons qui scandent par ailleurs le chaume. L’autre raison qui explique l’étonnante résistance du bambou, paradoxalement, c’est son vide. L’expérience nous montre qu’un tube cylindrique creux possède quatre fois la rigidité d’une barre pleine. Ainsi le bambou est-il souvent supérieur au fer et au bois de construction, du point de vue des propriétés mécaniques et technologiques, notamment en matière de ratio entre le poids supporté et le poids mort.

Pour cette raison, le bambou  est apprécié comme matériau de construction, pour la réalisation tant de maisons que d’ouvrages d’art, tels que les ponts, les barrages, les échafaudages…

Mais l’évolution la plus récente, c’est l’utilisation du bambou destructuré. En s’affranchissant de sa forme usuelle, la plante devient un matériau composite exceptionnel. Un matériau ouvert à la création et à l’imagination.

Prenons l’exemple du parquet en bambou de la cuisine et la salle de bain de Loù pichin nidou. Pour le réaliser, on part d’un tronc de bambou mature, âgé au minimum de trois ans et demi. En Chine, le plus couramment utilisé est le moso, le Phyllostachys heterocycla pubescens. Adulte, il peut atteindre une vingtaine de mètres de hauteur et dix-huit centimètres de diamètre. Une fois coupé, le bambou est débité en tronçons d’un mètre. Puis, chaque tronçon est passé dans un éclateur et transformé en lamelles par un couteau en étoile. Ces lamelles, de trois centimètres de largeur et d’un centimètre d’épaisseur sont à la base du nouveau matériau.

La fabrication du parquet en bambou est bien illustrée et expliquée sur le site de cette société : http://www.cyr.fr/dossiers/fabrication-du-parquet_7.html

On obtient ainsi un matériau d’une qualité et d’une résistance comparables aux lames de parquet en chêne. Mais avec une différence de taille. Alors qu’il faut près d’un siècle à un chêne pour être exploitable et pour en fabriquer un parquet de qualité, trois ans et demi suffisent au bambou pour donner un matériau de contact soyeux, mais aussi dur comme l’acier. Les tests du centre technique du bois et de l’ameublement le prouvent. Le parquet en bambou est quasiment deux fois plus résistant que le meilleur parquet en chêne.

Ainsi, tant pour fabriquer des objets en vannerie traditionnelle que pour élaborer des matériaux contemporains, la lamelle de bambou ets à l’origine du produit fini : panier, parquet, contreplaqué, tôle ondulé… dont le mode de fabrication varie selon l’objet. Ancestral ou contemporain, le savoir-faire est toujours sophistiqué. Aujourd’hui, considérant l’apport immense de cette ressource naturelle renouvelable, il importe de maintenir une tradition pour sauvegarder le monde de demain;

Voici un site sur le bambou comme matériau : Bambousaie  :http://www.labambousaie.com/html/le_materiaux_bambou.html