Le cerf élaphe

Cerfs élaphes Loù nidou

Photo prise par Dalva au cours d’une promenade devant Loù nidou

Le cerf élaphe,  le seigneurs du bois, de son nom scientifique Cervus elaphus, fait parti de la famille des cervidés comme le chevreuil qu’il dépasse largement en taille. Le cerf et sa femelle la biche pèsent entre 130 à 300 kilogrammes. Les cervidés sont des ruminants dont les mâles ou les deux sexes portent des cornes pleines, ramifiées, caduques, appelées bois ; les rennes, les daims et les élans en sont aussi. Les cerfs sont des ongulés ; ils sont dotés de sabots. Ils vivent dans les profondeurs de la forêt le jour et se réfugient dans les clairières etBiche les prairies voisines la nuit. C’est pourquoi, vous aurez plus de chance de les rencontrer aux abords du Nidou en vous couchant très tard ou en vous levant très tôt. Cependant, il arrive de les rencontrer de plein jour comme Dalva en a fait l’expérience. Grâce à son téléphone, elle a réussi à capturer une image d’un groupe de cerfs qui paissaient tranquillement à deux pas de Loù nidou.

De fin septembre à octobre, c’est la période de reproduction. On entend le cerf bramer (cris longs et graves) et son chant parcourt le Valdeblore comme celui de la baleine dans les profondeurs sous marines. En effet, à ce moment, le cerf, d’ordinaire indépendant contrairement aux biches qui vivent en hardes, gagne sa place de brame qui est en faite le territoire habituel des biches. Chaque mâle délimite sa place en urinant et en bramant et empêche tout autre cerf d’y pénétrer et d’approcher les biches qui s’y trouvent. Les mâles s’alimentent peu ou pas du tout. Amaigris et épuisés, ils peuvent perdre jusqu’à un quart de leur poids, ils seront chassés pCerfar un cerf plus jeune. Pendant le brame les biches restent en harde et gardent leur hiérarchie. Pour entendre ce brame et admirer cet animal, je vous invite à regarder le magnifique film « La nuit du cerf » de Vincent Munier dont vous trouverez un extrait sur le lien suivant : « La nuit du cerf »

Car, en effet, les cerfs sont des animaux grégaires répartis en deux groupes :

  • d’un côté les femelles qui se réunissent accompagnées de leurs petits jusqu’à l’âge de trois ans,
  • de l’autre, les mâles de 3 ans et plus rassemblés en clans.

Les groupes sont séparés une partie de l’année chacun dans leurs secteurs et avec leurs habitudes :

Les biches : Les hardes sont composées de plusieurs noyaux formés d’un adulte et de deux à trois jeunes, soit une vingtaine de bêtes. Stricte hiérarchie : une biche en tête ; toujours un animal adulte souvent accompagnée d’un jeune. Elle veille constamment sur la sécurité de la harde, prévient du danger par ces « aboiements » et organise le regroupement et la suite. Une autre femelle dominante en second ferme la marche du groupe.

Les cerfs : Le regroupement des mâles n’est qu’un amalgame d’individus sans organisation ou chacun garde son indépendance, le dominant est le plus fort mais il ne guide ni ne protège le groupe, en cas de danger, il fuit seul le plus rapidement possible.

Les bois du cerf : Ce sont des formations osseuses issues de l’os frontal, caduques, dont l’évolution annuelles suit celle des glandes sexuelles de l’animal.Bois cerf

Les bois tombent entre février et mai, les cerfs sont alors dits mulets. Les plus grands cerfs perdent leur bois en premier et il leur faudra plus de temps pour reconstituer leur ramure. Dès la chute du bois, démarre le refait. Le bois pousse par l’extrémité, à partir du pivot et sous un peau nourricière velue appelée velours. Il faudra environ cinq mois à un grand dix cors pour refaire sa tête. Durant cette période, il s’isole et évite les endroits trop fourrés, sa ramure étant particulièrement sensible aux chocs.

La tête du cerf est en principe chaque année plus imposante. Si l’animal s’est mal nourri durant une année, ses bois peuvent régresser. Lorsqu’il vieillit, à partir de dix douze ans et que ses glandes sexuelles évoluent, les bois régressent également, on dit qu’il ravale.

Vers un an et demi, le jeune mâle est appelé daguet : il porte deux dagues (petites cornes) sur la tête qu’il perdra vers deux ans et demi.

A cinq, six ans, le cerf devient un dix cors, les dagues sont remplacées par des merrains et les merrains possèdent cinq andouillers ou cors.

Les bois, véritable os, constitués de calcium et de phosphore, n’ont pas besoin que d’une nourriture riche pour une bonne repousse. Il faut aussi un certain taux de testostérone dans le système circulatoire du cerf. Ainsi, un cerf castré ne refera jamais de bois.Traces dans la neige

Avec la neige, il n’est pas rare de trouver les traces des pas de cerfs dans le pré devant Loù nidou. Ce sont les bêtes qu’on entend s’approcher pendant la nuit et après lesquelles Cléo pousse quelques aboiements afin de leur imposer de rester à distance du jardin. Le fracas de leur bois raisonne contre les arbres ; à moins qu’il ne s’agisse d’un conflit.

 

 

Au pas (marche) et au trot léger, allure les plus fréquentes du cerf élaphe, le pied postérieur se pose dans l’empreinte de l’antérieur, légèrement en retrait ou juste à côté. Les doigts vestigiaux (os) ne marquent pas. Au trot rapide et au galop, le pied postérieur se pose en avant du pied antérieur, d’autant plus loin que la vitesse augmente.

Lorsque le cerf bondit, la longueur des bonds varie en peut atteindre plus de trois mètres. Les pieds antérieurs sont plus regroupés, la largeur de la voie est plus importante. Aux allures les plus rapides, les os marquent et sont en général visibles sur l’empreinte.Portee 100%

Ce grand mammifère sauvage vit surtout dans les forêts parsemées de clairières, même s’il lui arrive de gagner les alpages. Actif depuis le crépuscule jusqu’à l’aube, le cerf se nourrit essentiellement de plantes herbacées, de feuilles, de fruits, mais aussi de végétaux plus ligneux, ou même d’écorces en période de disette.

Les cervidés (surtout le cerf élaphe) pratiquent deux types d’écorçages. En hiver, il racle l’écorce avec leurs incisives, présentes uniquement sur la mâchoire inférieure. Telles des gouges, elles creusent des sillons bien visibles (1,5 cm de large pour le cerf), du bas vers les haut. A la montée de la sève, quand l’écorce est moins adhérente, elle est saisie puis tirée vers le haut, détachée en longues lanières, comme en attestent les traces d’écorçage, laissées sur ces jeunes branches de saule au bord de la route du bois noir.