Le pic épeiche

Voilà que l’oeil est attiré par une forme noire et blanche qui vient de se coller à un tronc avec un bruit sec de pattes brusquement plaquée contre l’écorce : un pic épeiche. Il ne faut pas perdre une seconde car l’oiseau est un agité notoire qui ne tient pas en place et est passé maître dans l’art de l’esquive aussitôt qu’il se sent repéré; il a vite fait de se défiler derrière un tronc ou une grosse branche, d’où ne dépasse qu’un oeil inquisiteur. Que l’on insiste, et c’est l’envol…

Pic épeiche

Ce pic au vol onduleux grimpe le long des troncs et tambourine bruyamment sur les bois morts

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Le pic épeiche est inséparable des arbres. Et pas n’importe lesquels : il lui faut des sujets déjà âgés, d’une certaine taille. S’il tolère des arbres encore jeunes, c’est pour y chercher sa nourriture. Mais quand, le printemps venu, il doit forer la loge où pondra la femelle, il choisit un sujet à la croissance bien avancé, dont le diamètre est suffisant. L’épeiche affectionne les feuillus, notamment les chênes, mais se trouve parfaitement à son aise parmi les conifères, dont il tire d’ailleurs une bonne part de sa nourriture. Pour passer d’un arbre à l’autre, quelques battements d’ailes ou un plongeon depuis le sommet. Le caractère typiquement onduleux de la trajectoire aérienne de l’épeiche peut s’apprécier lorsqu’il couvre un peu plus de distance.

D’après L’almanach des oiseaux, LPO, delachaux et niestlé, 2006