Nature ici

La nature ici, au Nidou du Mercantour

« Nous ne saurions faillir à suivre la nature : le souverain précepte est de se conformer à elle. Il y a là tout un art de vivre ».

Sachez le, ce n’est pas ici au Nidou du Mercantour que nous contredirons Montaigne.

« Je découvrais dans la nature les délices gratuits que je cherchais dans l’art.Tous deux étaient une forme de magie, tous deux étaient des jeux faits d’un entremêlement d’enchantements et d’illusions. »
Vladimir Nabokov. Autres rivages

Etant donné notre situation en lisière du bois, la vie sauvage foisonne autour du Nidou du Mercantour. Ces visiteurs qui sont-ils?

Animaux

Cela varie beaucoup en fonction des saisons. Ainsi, les  oiseaux sont ils particulièrement présents au printemps lors des amours et de la nidification. La symphonie des oiseaux caractérise, à cette période, les aurores printaniers. Cette symphonie divine s’apparente pour certains à la musique du paradis. Ce ne sont pas nécessairement les mêmes que nous retrouvons l’hiver à la mangeoire.

Au début de l’été se sont les lucioles qui font leur apparition magique. Leurs effectifs varient d’une année sur l’autre en fonction des conditions météorologiques. Certaines années elles sont là par millions ; Une promenade nocturne au bois noir devient alors comme un éblouissant voyage dans la voie lactée.

L’été, les cerfs et les chevreuils s’approchent des plantations attirés par les savoureuses pousses du jardin dont ils sont friands. La jardinière compte bien sur la vigilance de ses chiennes pour l’avertir de leur convoitise gourmande et les dissuader de faire bombances de ces rosiers, groseilliers et autres plantations adorées. Avec la chasse, ces grands herbivores prennent quelques distances. On entend pourtant résonner le brame du cerf dans le Val ; ils ne sont pas loin. L’hiver ils reviennent s’approcher pour manger l’écorce des jeunes arbres.

Avant cela, les écureuils viennent faire leur provision de noix et de noisettes mûries, qui tombent tous au long d’octobre. Cet apport leur permettra de se constituer des réserves pour l’hiver.

Le monde du minuscule est également riche et plein de surprises …. Les insectes, les papillons et les abeilles virevoltent en grand nombre de fleurs en fleurs, de troncs en troncs, de brins d’herbes en branchages, de petits trous en petits trous.

Un soir de pluie d’octobre 2018, la rencontre sur la route du bois avec une salamandre tachetée transporte le cœur : quel animal étonnant avec sa robe contrastée de noir et de jaune dessinée.

Reconnaître la nature ici

Pour apprendre à mieux connaître tout ce joli monde, des livres et certains sites nous ont été utiles. Voici quelques références sur le web :

Arbres & végétaux

Des mélèzes, des merisiers, des noyers, des noisetiers, des chênes rouvres sessiles, des pommiers, des pruniers sauvages, des érables, des tilleuls encerclent Loù nidou dans un écrin.

A l’intérieur, l’herbe sauvage est tondue partiellement en été et des haies variées ont été plantées. Des murs de pierres sèches, abritent tout un monde et notamment des nids de mésanges noires au printemps.

Le compost recycle les déchets organiques et sert à nourrir les plantes du jardin.

C’est donc tout naturellement que Loù nidou du Mercantour est WIKI refuge L.P.O. (Ligue protectrice pour les oiseaux), un « refuge » de la ligue protectrice des oiseaux.

Refuge LPO

Refuge LPO

Amour de la nature

Une petite pensée pour un des pionniers de l’écologie, qui adorait la nature comme une création de son Dieu : Saint François d’Assise

Le sermon aux oiseaux de saint François d'Assise

Après l’arrivée de nouveaux frères, le bienheureux François prit la route et suivit la vallée de Spolète. Comme il approchait de Bevagna, il rencontra, rassemblés par bandes entières, des oiseaux de tous genres : ramiers, corneilles et freux. Sitôt qu’il les vit, il planta là ses compagnons et courut vers les oiseaux.

Son amour était si débordant qu’il témoignait même aux créatures inférieures et privées de raison une grande affection et une grande douceur. Arrivé tout près d’eux, il constata que les oiseaux l’attendaient ; il leur adressa le salut habituel, s’émerveilla de ce qu’ils ne se fussent pas envolés comme ils font d’habitude, leur dit qu’ils devaient écouter la parole de Dieu et les pria humblement d’être attentifs.

Il leur dit, entre autres choses :

« Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre.
De toutes les créatures de Dieu, c’est vous qui avez meilleure grâce ; il vous a dévolu pour champ l’espace et sa simplicité ;
Vous n’avez ni à semer, ni à moissonner ; il vous donne le vivre et le couvert sans que vous ayez à vous en inquiéter. »

À ces mots, rapportent le saint lui-même et ses compagnons, les oiseaux exprimèrent à leur façon une admirable joie ; ils allongeaient le cou, déployaient les ailes, ouvraient le bec et regardaient attentivement.

Lui allait et venait parmi eux, frôlant de sa tunique et leurs têtes et leurs corps. Finalement, il les bénit, traça sur eux le signe de la croix et leur permit de s’envoler. Il reprit la route avec ses compagnons et, délirant de joie, rendit grâce à Dieu qui est ainsi reconnu et vénéré de toutes ses créatures.

Il n’était pas simple d’esprit, mais il avait la grâce de la simplicité. Aussi s’accusa-t-il de négligence pour n’avoir pas encore prêché aux oiseaux puisque ces animaux écoutaient avec tant de respect la parole de Dieu. Et à partir de ce jour, il ne manquait pas d’exhorter tous les oiseaux, tous les animaux, les reptiles et même les créatures insensibles, à louer et aimer le Créateur, car à l’invocation du nom du Sauveur, il faisait tous les jours l’expérience de leur docilité.

Source : Thomas de Celano (Vie de saint François d’Assise traduction française, introduction et notes de D. Vorreux, Paris, Éditions franciscaines, 1952).